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GLOSSAIRE

Glossaire des figures de style utiles en rhétorique d'entreprise.

MDMarie Dubois1er avril 202611 min de lecture
Livre ancien ouvert sur une table en bois, lumière dorée, plume posée à côté

Pourquoi un glossaire des figures de style en entreprise ?

Beaucoup d'orateurs en entreprise ont gardé du lycée le souvenir poussiéreux des figures de style. Métonymie, anaphore, chiasme : autant de mots associés à des explications de texte fastidieuses. Cette mémoire est dommageable car les figures de style, correctement employées, sont des outils techniques d'une efficacité redoutable. Elles permettent à un orateur de produire un effet précis — surprise, ralenti, accélération, mémorisation — sans alourdir son propos.

Au studio, nous transmettons ce glossaire à tous nos stagiaires en sessions avancées. Pas pour qu'ils citent leurs sources lors d'un discours, mais pour qu'ils disposent d'un vocabulaire précis qui leur permettra de préparer plus rapidement et de varier leurs effets. Une figure repérée à l'écrit, exercée à l'oral, devient un réflexe en six semaines.

Les figures de style sont à l'orateur ce que les gammes sont au musicien : un répertoire d'outils, à mobiliser quand l'effet recherché l'exige.Adage transmis dans nos sessions Argumentation et rhétorique

1. Anaphore — la répétition qui scande.

L'anaphore consiste à répéter un même mot ou groupe de mots en début de plusieurs phrases successives. Effet : scande le propos, installe un rythme presque musical, fixe une idée dans la mémoire. Charles de Gaulle, Martin Luther King et Simone Veil en ont fait un usage abondant et reconnaissable.

2. Chiasme — la structure en croix.

Le chiasme inverse l'ordre des éléments d'une phrase à l'autre, selon une structure en croix (A-B-B-A). Effet : surprise, mémorabilité, sentiment d'évidence. Le célèbre « Je ne meurs ni en gardant, ni en redoutant » de Molière en est un exemple littéraire ; les slogans politiques en raffolent.

3. Gradation — l'escalier qui monte ou qui descend.

La gradation organise plusieurs termes en série croissante (ou décroissante) d'intensité. Effet : crescendo dramatique, sentiment d'inéluctabilité. Très efficace pour conclure un argumentaire ou pour clore une intervention en plénière.

4. Prétérition — dire qu'on ne dira pas.

La prétérition consiste à attirer l'attention sur un sujet en feignant de ne pas vouloir l'aborder. Effet : malicieuse, elle place le sujet sans assumer la charge frontale. Précieuse en média training et en débat contradictoire pour évoquer un point sensible sans s'y enfermer.

5. Hypotypose — la description qui rend visible.

L'hypotypose dépeint une scène avec un tel relief que l'auditoire croit la voir. Effet : transformation d'un argument abstrait en image mentale concrète. Très efficace pour incarner un chiffre ou un concept.

6. Antithèse — opposer pour faire ressortir.

L'antithèse rapproche deux notions opposées dans une même phrase pour mieux faire ressortir le contraste. Effet : tranché, presque cinématographique. Très efficace pour ouvrir un discours sur une vision ou pour défendre un changement de cap.

7 à 12. Six autres figures à connaître.

FigureDéfinition courteEffet recherché
Métaphore filéeUne métaphore continue sur plusieurs phrasesCohérence d'image, mémorabilité
PolysyndèteMultiplication des conjonctions (et… et… et)Insistance, exhaustivité
AsyndèteSuppression des conjonctions, juxtaposition sècheVitesse, urgence
ÉpanorthoseReprise pour préciser ou rectifierSincérité, recherche du mot juste
MétonymieDésigner une chose par une autre procheÉlégance, économie
OxymoreAllier deux termes contradictoiresSurprise, profondeur paradoxale

Comment intégrer ces figures sans paraître précieux.

Le risque, en intégrant ces figures, est de basculer dans la préciosité ou dans la déclamation. La règle d'or : pas plus de deux figures par minute de discours, jamais collées les unes aux autres, toujours subordonnées au sens. La figure efficace est celle que l'auditoire ressent sans la nommer.

Aller plus loin avec Studio Parole.

Notre session Argumentation et rhétorique se déroule sur deux jours et combine théorie courte et pratique intensive. Vous repartez avec une bibliothèque personnelle d'au moins quinze figures que vous saurez mobiliser à l'oral comme à l'écrit. Format inter ou intra-entreprise, finançable par OPCO.

Questions fréquentes

Non. Ces figures ne demandent pas de virtuosité littéraire mais une attention exercée. Beaucoup de cadres scientifiques, ingénieurs ou commerciaux les emploient déjà sans le savoir. Les nommer permet simplement de les choisir consciemment et de varier les effets.
Non. L'anaphore, la gradation, l'antithèse et l'oxymore sont particulièrement efficaces à l'oral. Le chiasme et la métaphore filée demandent un rythme plus posé. Certaines figures érudites, comme la zeugma ou l'antanaclase, gagnent à rester à l'écrit.
Environ six à huit semaines de pratique délibérée pour qu'une figure devienne un réflexe spontané. La phase d'apprentissage explicite, où vous les nommez avant de les utiliser, dure deux à trois semaines.
En partie, oui. La lecture régulière des grands discours politiques et l'écoute des plaidoiries d'avocats sont d'excellents matériaux. La session présentielle ajoute le travail filmé et le retour individualisé qui accélèrent la transformation.
MD
COACH PRISE DE PAROLE — FONDATRICE

Marie Dubois

Comédienne de formation, Marie Dubois fonde Studio Parole en 2014 après dix ans de coaching auprès de dirigeants du CAC 40. Elle accompagne aujourd'hui les comités exécutifs sur les enjeux de prise de parole stratégique, de storytelling et d'incarnation de la vision. Diplômée du Conservatoire et certifiée coach professionnelle.

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